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geronceadunkerque

Pseudo: tito6469Catégorie: LoisirsDescription:
Ce blog est un moyen de remercier ma femme,mes copains et mes cousins ainsi que les acceuillants carnavaleux de DUNKERQUE qui m'ont fait decouvrir le carnaval de dunkerque. Merci encore à eux tous et bonne decouverte à vous. Tito.
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Dimanche 08 Janvier 2006
            

Entrez dans la bande !

Il y a deux siècles, deux traditions distinctes existaient à Dunkerque : les fêtes du carnaval groupées autour du Mardi gras et la foye, un banquet offert aux marins par les armateurs avant leur départ pour l’Islande, fixé fin mars. Si les premières s’inscrivent dans une tradition européenne venue du fond des âges, avec force défilés dans les rues, la foye, elle, se limite bien à l’origine à des repas dans des auberges.
Racines flamandes et maritimes
Vers la fin du XVIIIe siècle, les armateurs commencent à se désengager vis-à-vis de cette coutume et les marins profitent alors de l'aubaine que représente le temps du carnaval pour anticiper leurs journées récréatives. Il est possible que certaines années une concordance des dates ait même pu favoriser un transfert de motivation. Quoi qu’il en soit, on ne sait pas avec certitude à quelle époque
cela aurait pu se passer. Tout ce que l’on peut dire c’est que, dès le début du XIXe siècle le port de Dunkerque affiche déjà l’un des carnavals les plus originaux de France.
La ville n’est devenue définitivement française qu’en 1662 sous Louis XIV. Elle fut francisée à la suite d’une ordonnance royale qui imposa peu à peu l’usage du français. Mais une bonne partie de la population, autant réfractaire au changement que sentimentalement attachée à ses traditions, continua à parler le flamand. Si bien qu’il n’est pas étonnant de retrouver encore aujourd’hui, dans les chansons du carnaval, quelques bribes de dialecte dunkerquois comme « donne un zô » (zô ou zôt’che est un baiser). Bon nombre de sociétés carnavalesques empruntent également leur nom au flamand, comme les Kakernesches (les plus jeunes des enfants), les Snustreraers (les fouines) ou encore la fameuse visscherbende (bande des pêcheurs).

La cohue des masques !
Pendant que les tambours battent le rappel, l’énorme pagaille s’organise. Les masquelours, méconnaissables sous leurs maquillages bariolés, se prennent bras dessus, bras dessous pour former des lignes. Les places du premier rang sont très convoitées car c’est là que l’engagement physique va être le plus complet.
En effet, c’est aux premiers rangs qu’appartient le privilège de protéger les musiciens de la foule qui les suit.
Au signal du tambour-major situé à l’avant-poste, fifres et tambours entament le rigodon d’honneur qui servait de rassemblement aux soldats de l’Empire. La foule compacte saute en cadence, on pousse déjà pour mettre les premières lignes à l’épreuve.
Le tambour-major, à la tête d’une soixantaine de musiciens vêtus du ciré et du suroît jaune des pêcheurs, ordonne que cesse le rigodon afin que les fifres reprennent des airs traditionnels de marche connus de tous. Le cortège s’ébranle.
Déformée par les poussées soudaines, la cohue des masques avance en chantant, en hurlant plutôt dans les premiers rangs !
Durant quatre heures, la visscherbende déferle sur la ville comme une vague de fond au rythme des chahuts, des arrêts obligés des musiciens et des rendez-vous incontournables.
 
Des harengs et des homards
Au passage devant l’Hôtel de Ville, cette masse compacte et colorée réclame son dû : une volée de 450 kilos de harengs saurs emballés sous cellophane (appelés aussi kippers) qui n’est pas sans rappeler le départ imminent des pêcheurs pour l’Islande*. Du haut du balcon central, le maire brandit un homard qu’il présente à la foule qui scande « Delebarre, des homards ». Une telle scène se reproduit six fois. Celui qui a la chance de s’emparer d’un homard (en plastique) peut le rapporter à la mairie où il lui sera remis en échange, un bon pour en obtenir un vrai dans une poissonnerie. En réalité bien peu le font car les carnavaleux préfèrent garder ce trophée pour le montrer à leurs amis….
Après quatre heures de fête, les carnavaleux se retrouvent au pied de la statue de Jean Bart pour la célèbre cantate et le rigodon final. Une émotion intense saisit alors la foule, un frisson court le long des poitrines et l’on assisteà la scène la plus poignante de la journée sans doute, celle qui permet à la bande de se transformer en une chaîne humaine chaleureuse.

Un parcours jalonné de « chapelles »
Pour la plupart des masques, la bande est prétexte à d’innombrables pélerinages, appelés pour la circonstance « chapelles », qui jalonnent le parcours. Il est d’usage de visiter les maisons amies pour se faire inviter à boire et à manger. Le plus souvent, les masques se déplacent en petits groupes pour mettre à profit les bonnes adresses. Ces carnavaleux-là ne voient la bande que du haut des balcons, derrière les fenêtres des maisons visitées, mais savent parfaitement recréer avec une vision plus haute la même ambiance. Ces haltes sont copieusement arrosées de bière et de soupe à l’oignon, ce qui permet aux gosiers largement mis à contribution de se désaltérer.

Les intrigueurs sont de sortie
Autres figures emblématiques du carnaval, les intrigueurs et les figueman** agissent en marge de la bande. Ils ne dansent pas mais sont quand même masqués au point d’être méconnaissables. Ils interpellent tout le monde, y compris les badauds, pour leur tendre une canne à pêche au bout de laquelle est accroché un poisson sec au fumet très particulier ou parfois même un fromage assez odorant. Pour l’intrigue, ils vont généralement deux par deux, un homme et une femme qui inversent leurs rôles. Ils choisissent une victime parmi les spectateurs, en principe bien connue d’eux, et se mettent à lui révéler des vérités pas toujours bonnes à entendre. Le jeu consiste à les démasquer, ce qui n’est guère facile surtout quand les intrigues vont jusqu’à déguiser leur voix. Mais tout cela ne porte jamais à conséquence et tout se termine en général dans de chaleureuses effusions.

*À l’approche des Trois Joyeuses, les Dunkerquois figurent parmi les plus gros consommateurs de poissons. À Petite-Synthe : c’est 80 kg de harengs qui sont lachés dans la foule; à Rosendaël : 150 kg de merlans séchés et à Saint-Pol-sur-Mer 250 kilos de harengs, soit 930 kilos distribués sur l’agglomération en l’espace de quelques jours.
**Si son origine n’est pas connue avec certitude, sa première représentation graphique date de 1864. En ce temps-là, le figueman présentait au bout de sa ligne un sou en bronze, un bouton ou quelque chose d’analogue que les enfants devaient attraper avec les dents. En récompense, ils recevaient une figue sèche, seul fruit dont on disposait pendant l’hiver.

Bals et bandes
Dans la saison carnavalesque, chaque bal et chaque bande affichent leur particularité. Après chacun, il est traditionnel d’aller manger une soupeà l’oignon dans un établissement public resté ouvert ou dans une chapelle.

 
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